« Depuis que je suis tout petit, j'entends mes parents me dire : "Travailles bien à l'école mon fils, tu pourras faire des études et avoir un beau métier qui te plait !".

C'est avec ces paroles et bercé par l'idée d'un avenir radieux que je suis allé à l'école, passé mon bac et fais mes études d'ingénieur en électronique.

Pendant mes 3 années d'école d'ingénieur où j'ai étudié l'électronique, l'informatique et le management, mon école m'a nourri de belles paroles, d'un avenir assuré, des responsabilités, d’une rémunération attractive digne d'un bac+5 et d’une évolution vers la direction d'entreprise.

En sortant de l'école j'étais gonflé à bloc, confiant, plein d'optimisme et confiant dans mon futur métier. Et je me disais que je serai peut-être aussi un dirigeant d'entreprises ou d'organisations !

La réalité, je l'ai apprise à mes dépends à la sortie de l'école où passionné par la conception d’objets électroniques, je me suis aperçu que les métiers de designers et de production étaient tous délocalisés en Chine. Il ne restait en France que des emplois pour élites ou des personnes indélogeables et accrochées à leur poste.

Pourtant pendant 3 ans j'ai reçu un enseignement dans ces matières très complexes, recherchées, avec des notions scientifiques pointues. Tous mes projets d'études tournaient autour de l'électronique et mes professeurs m'encourageaient dans cette spécialisation. Pour eux, pas de doute à cette époque, pas de problème pour trouver du travail.

Je me demande encore aujourd’hui pourquoi nous continuons à former et à nourrir d'espoirs de futurs ingénieurs en électronique. Ces écoles forment de futurs ingénieurs frustrés qui ne correspondent pas à la réalité économique.

C'est donc avec un profond sentiment d'injustice que j'ai choisi de me réorienter dans l'informatique.

La réalité économique, le rendement et le profit de bénéfices financiers poussent l'homme et les sociétés à utiliser de plus en plus les robots et l'automatisation des tâches.

Ce serait une avancée extrêmement pertinente, si l'homme, remplacé par la machine, pouvait retirer un bénéfice du travail effectué. Car c'est bien pour soulager l'homme et l'aider que la machine devrait intervenir…

Or c'est l'inverse qui se produit : l'homme disparaît des entreprises, son emploi aussi, sans qu'aucune rémunération compensatrice ne lui soit proposée.

Je voudrais demander aux entreprises qui automatisent, qui robotisent, d’indemniser leurs salariés car c'est grâce à l'homme si la machine peut le remplacer et le soulager. Elle doit être un allié et non un concurrent.

Aujourd'hui dans mon métier de l'informatique j’exécute des tâches répétitives pour lesquelles je ne maîtrise pas toujours les tenants et aboutissants. Je me considère comme un ouvrier moderne du monde 2.0. Pourtant, j'ai fait comme le système voulait que je fasse, j'ai fait des études… ».

 

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