Déclaration préalable CGT au Comité Groupe France du 14 Avril 2015

 

Monsieur le Président du Comité Groupe France,


A l’appel des organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, plus de 300.000 salariés, actifs, jeunes et retraités, privés d’emploi, se sont réunis le 9 avril 2015 dans les 86 rassemblements et manifestations en Province et à la manifestation nationale à Paris.


Les manifestants et les grévistes ont exprimé avec enthousiasme et détermination leurs exigences revendicatives en matière de salaire et de pension, d’emploi, d’amélioration des conditions de travail et de la protection sociale, mais aussi pour un développement des services publics qui réponde aux besoins des populations.
Les différentes lois « Sécurisation de l’emploi » ou « Macron », les cadeaux faits au patronat à travers le pacte de responsabilité et le CICE constituent un ensemble de dispositions qui creusent les inégalités et fragilisent la situation des salariés, tandis qu’elles sécurisent les profits des actionnaires.


L’emploi, les salaires et les droits des salariés sont aussi au coeur des préoccupations des salariés du groupe Orange.

 


A l’heure de la Numérisation, qui devrait associer, développement de l’emploi et des qualifications, réduction du temps de travail et amélioration des conditions de travail, la direction du groupe Orange l’utilise sous le vocable « digitalisation » pour réduire l’emploi, dégrader les conditions de travail et maintenir un taux de profit favorable au capital.
C’est d’une véritable politique industrielle et d’innovation que le groupe Orange a besoin pour sa pérennité et son développement , et non pas de s’enterrer dans une logique financière qui pour a seul pour objectif la rémunération du capital.


Conquête 20/20 s’inscrit malheureusement dans cette effroyable logique, néfaste pour l’avenir du groupe et de ses salariés.


La vente de Dailymotion est un exemple de cette absence de stratégie industrielle à moyen et à long terme. Toute la stratégie de contenu de la direction est basée sur le court terme d’une recherche du meilleur prix de vente ou de revente pour effectuer la meilleure plus-value. On se rappelle qu’OCS a failli finir comme Dailymotion.


Les filiales du groupe en France ne peuvent continuer à servir de portefeuille Orange d’actifs spéculatifs et être les victimes d’un dumping social indigne d’un grand groupe.


La CGT revendique les mêmes droits pour tous les salariés des entreprises du groupe. Cela passe par la même convention collective : la CCNT, l’application des accords groupe les plus favorables, _et j’y reviendrai plus tard en évoquant l’exemple d’ Equant _ , le maintien de l’emploi sur tout le territoire pour tous les salariés du groupe et je fais désormais référence à la GDT.


Pour la CGT la solution à ce dumping social est l’intégration de tous les salariés au sein d’une même entreprise Orange avec les mêmes droits. C’est pour nous une question de progrès et de justice sociale mais aussi, et nous insistons, une garantie d’avenir pour l’entreprise.


A ce titre, la CGT souhaite vous interpeller sur une situation mal vécue au sein de la filiale Equant France concernant l’accord handicap.


En effet pour la seconde fois depuis le début de la mandature au sein d’Equant France (confère accord égalité professionnelle), la direction bloque les négociations en deçà des accords négociés à Orange. Le coup de rabot sur les accords d’entreprise au sein même d’Equant se poursuit donc. Est-ce une mise à niveau des filiales au moins disant social du groupe, pour Equant ? Cela en prend le chemin.


Pour rappel, il y a un an en comité d’entreprise, la direction d’Equant tentait de faire passer en douce uniquement un seul paragraphe sur les Temps Partiel Senior Handicapé sans qu’il n’y ait d’accord global sur le handicap. C’était sans compter sur la vigilance des élus CGT. En effet alors qu’à Orange SA c’est tout un accord vis-à-vis des salariés Handicapés qui a été signé en janvier 2014 par toutes les Organisations Syndicales représentatives. La CGT Equant a dénoncé vigoureusement ce manque. La direction d’Equant a concédé une négociation à la fin 2014.


A l’ouverture des négociations la direction d’Equant est arrivée avec un texte des plus pauvres, du jamais vu ! Les élus CGT ont alerté à plusieurs reprises la direction du groupe Orange et notamment vous Monsieur le directeur des relations sociales au cours du CGF de décembre 2014 sur ces agissements mais également sur un fait tout aussi honteux :
La direction du groupe Orange n’a pas lésiné sur les communications médiatiques suite à la signature UNANIME de l’accord handicap Orange. Mais ses communications sont erronées et mensongères, elles parlent de la signature d’un accord de groupe (ce qui permettrait aux filiales de le décliner), ce qui est faux car c’est un accord qui ne porte que sur le périmètre de l’UES Orange dont bon nombres de filiales sont exclues.


A la suite des interventions des élus CGT en CGF la direction d’Equant est revenue à la table des négociations avec un texte « légèrement » amélioré mais encore très largement en deçà de celui d’Orange SA qui pourtant semblait être une bonne base de négociation étant donné qu’il avait été signé par l’ensemble des organisations syndicales. Les salariés Equant sont dans le groupe lorsque cela arrange la direction. En revanche lorsqu’il y a un pas vers le mieux disant social, les salariés Equant en sont exclus. La direction d’Equant propose à nouveau un accord qui ne lui coute rien avec le prétexte que c’est le premier accord handicap au sein de l’entreprise. Elle fait donc le choix délibéré de ne pas combler le retard abyssale de droits entre les salariés d’Orange maison mère et salariés de ses filiales.


En tant que directeur des relations sociales du groupe, les élus CGT vous demandent d’avoir une politique non discriminatoire dans les filiales, et d’intervenir à nouveau auprès de la direction d’Equant afin que la base de la négociation soit à minima sur l’intégralité des composantes et engagements de l’accord handicap signé sein de l’UES Orange.